Dossier Elections 2010 en Afrique

Une année et six élections présidentielles sur le sol africain.

Le problème des médias français, c’est leur sélection de l’information.

Qui est au courant que nous sommes en plein processus électoral aux Comores ? Que les résultats de la Guinée-Conakry ne sont définitifs que depuis aujourd’hui ? Que la Tanzanie fut un modèle de tolérance et de démocratie lors de son scrutin ? Ou que l’élection burkinabèse, à peine médiatisée, fut largement controversée ?

Ce dossier spécial retrace les élections africaines qui ont marqué l’année 2010. Et TOUTES les élections africaines !

Côte d’Ivoire

Retournement de situation en Côte d’Ivoire qui est plongée dans la confusion. Deux présidents nommés en deux jours et pour un même pays qui en était privé depuis longtemps, la situation est critique. Le 04 décembre, Laurent Gbagbo est investit par le Conseil Constitutionnel, après sa saisie pour contester les résultats de la vieille qui proclamés Alassane Outtara vainqueur de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire avec 54% des voix. La communauté internationale, le Premier ministre Guillaume Soro (qui démissionne), Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest reconnaissent Ouattara comme président pendant que Gbagbo est investit par le Conseil Constitutionnel sans la présence d’aucun représentants étrangers. Cet organisme, qui lui est totalement acquis, affirme avoir examiné, en l’espace de quelques heures, quelque 22 000 procès verbaux émanant des bureaux de vote pour justifier l’annulation des résultats dans neuf départements du pays. Ces annulations permettent d’inverser les chiffres du scrutin.

Chaque camp a accusé l’autre de fraudes massives. Depuis le second tour de l’élection présidentielle du 28 novembre, le pays est divisé en deux, entre les partisans de Laurent Gbagbo et ceux d’Alassane Ouattara.

Lors de la longue période d’attente des résultats, les tensions montaient plus chaque jour en Côte d’Ivoire, faisant plusieurs morts.

Nord contre Sud, depuis plus de dix ans, le pays est enfermé dans une longue crise. La Côte d’Ivoire a vécu successivement un coup d’Etat, une rébellion, la partition de son territoire national et un climat de grande animosité politique. Pour rompre avec ce cycle destructeur, les Ivoiriens ont voté en masse (plus de 80 % de participation).

Alassane Ouattara est un musulman très modéré originaire du nord du pays (le fief des Dioulas, l’ethnie majoritaire qui rassemble 40 % des Ivoiriens) dans un pays traditionnellement dirigé par un chrétien issu du centre ou du sud.

Les deux hommes étaient, un temps, alliés politiquement, à la fin des années 1990, quand tous deux étaient des opposants au président Henri Konan Bedié. Ils deviendront rivaux après le coup d’État militaire de Noël 1999 qui renversa Konan Bedié.

Alassane Ouattara compte de nombreux soutiens en France, dont Dominique Strauss-Kahn, Nicolas Sarkozy et Martin Bouygues qui assistèrent à son mariage avec une Française de Côte d’Ivoire, femme d’affaires devenue sa meilleure conseillère.

Comores

Le vice-président sortant, Ikililou Dhoinine, candidat du pouvoir, est arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle le 07 Novembre dernier aux Comores. Dans un même temps se tenait les élections des gouverneurs sur les trois îles qui forment cet archipel de l’océan Indien : Anjouan, Mohéli et Grande Comore

Le premier tour de la présidentielle a eu la particularité de se dérouler dimanche sur la seule île de Mohéli, où 21.429 électeurs devaient départager dix candidats tous issus de ce territoire. En vertu d’un système de présidencetournante instauré par la Constitution de 2001 entre Mohéli, les îles de Grande Comore et Anjouan, les trois îles désignent à tour de rôle un président. Tous les candidats à la magistrature suprême étaient donc, cette fois-ci, originaires de Mohéli.

Mohamed Said Fazul, ancien président de Mohéli, remporte 21,65% des voixet Bianrifi Tarmidi, ancien premier ministre, 10,90%. Ce sont les principales adversaires de Dhoinine, et sont appelés à disputer le second tour de l’élection présidentielle fixée le 26 décembre et qui aura lieu, cette fois, sur l’ensemble de l’archipel.

Alors que Ikililou Dhoinine est soutenu par le président actuel, Ahmed Abdallah Sambi, originaire d’Anjouan. Les deux adversaire sont opposants au régime en place.

Cette élection est organisée pour mettre un terme à une crise politique née de la prolongation controversée du mandat du président Ahmed Abdallah Sambi au-delà du 26 mai dernier.

Ces élections présidentielle revêtent une importance capitale, car, pour la première fois de l’histoire indépendante des Comores, un ressortissant de l’île de Mohéli sera choisi pour assumer les fonctions du Président de l’Union des Comores.

Burkina-Faso

Le président burkinabè, Blaise Compaoré, a été réélu avec 80,21% des voix au premier tour, le 21 novembre. Il laisse loin derrière lui ses deux principaux opposants: le député-maire de Dori (nord) Hama Arba Diallo (8,18%) et Bénéwendé Stanislas Sankara (6,34%), chef de file de l’opposition.

Ces résultats ont été proclamés alors que le Tribunal administratif de Ouagadougou venait de juger « illégale » la carte d’électeur utilisée pour le scrutin du 21 novembre, au motif qu’elle ne mentionnait pas le lieu de naissance de l’électeur.

L’opposition a rejeté les résultats tout en demandant la démission du président de la CENI, Moussa Michel Tapsoba, et la reprise de l’élection présidentielle.

Blaise Compaoré, qui normalement briguait son dernier mandat, est au pouvoir depuis 1987. Il est le fondateur de l’actuel parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès.

Le président burkinabè est soupçonné d’être impliqué dans le meurtre de Thomas Sankara, son prédécesseur, dans le coup d’État de 1987. Il a été élu président de la République en 1991, dans une élection qui a été boycottée par l’opposition ; puis en 1998, en 2005 et enfin en 2010.

Il est maintenant devenu un médiateur apprécié, par la Communauté Internationale, dans les conflits de la sous-région, comme ce fut le cas en Côte d’Ivoire.

Guinée-Conakry

Les résultats définitifs ont été annoncé le 2 décembre, réaffirmant qu’Alpha Condé est élu président. La fin d’un long processus de transition puisqu’il s’est écoulé 4 mois entre le premier tour et les résultats proclamé par la Cour Suprême, après un recours déposé, par Cellou Dallein Diallo, son adversaire, devant les autorités judiciaires.

Dénonçant des cas de fraudes, ce dernier avait contesté les résultats qui déclaraient Alpha Condé vainqueur du scrutin du 7 novembre avec 52,5 % des voix.

Au premier tour, le 27 juin, la tendance était à l’inverse : Cellou Dalein Diallo avait obtenu 43 % des voix, contre 17 % à son adversaire, Alpha Condé.

Depuis des violences ont éclaté entre les partisans des deux camps faisant de nombreuses victimes. Face à ce regain de violence, le président de la transition guinéenne, le général Sékouba Konaté, a décrété l’état d’urgence, assorti de couvre-feu nocturne, en attendant la communication des résultats définitifs.

En octobre, des violences interethniques entre Peuls et Malinkés [l’ethnie d’Alpha Condé], sur fond de campagne électorale ethnicisée, avaient provoqué le déplacement de plusieurs milliers d’électeurs de M. Diallo en Haute-Guinée, fief d’Alpha Condé.

Cellou Dallein Diallo – qui s’appuie essentiellement sur les voix de sa communauté peule (environ 40 % des 10 millions de Guinéens) – avait lancé une « guérilla juridique » qui a fait durer le suspense entourant l’annonce du résultat de cette première élection démocratique depuis l’indépendance de cette ancienne colonie française d’Afrique de l’Ouest, en 1958.

Depuis la mort de Lansana Conté en décembre 2008 et la prise du pouvoir par la junte militaire de Dadis Camara, le pays est plongé dans une ambiance parfois chaotique.

Le président devra mettre en place un gouvernement dont les deux missions principales devraient consister d’une part à créer les conditions d’une véritable réconciliation nationale et de l’autre, à organiser des élections législatives transparentes, qui favoriseront l’implantation définitive de la démocratie en Guinée.

Tanzanie

Le 31 Novembre dernier, la Tanzanie organisait ses élections parlementaires et présidentielles. Le président Jakaya Kikwete et son parti le Chama Cha Mapinduzi (Parti révolutionnaire en swahili, CCM) a été élu a 61% des suffrage et brigue un deuxième mandat de cinq ans.

Salum Khalfani Barwani

Parmi les cinq adversaires de M. Kikwete, les deux principaux étaient Wilbrod Slaa, pour le parti CHADEMA (26% des suffrages), et Ibrahim Lipumba pour le Front civique uni (CUF selon l’a

cronyme anglais).

Le Chama cha Mapinduzi (CCM), qui a aussi remporter les élections législatives, poursuit sa domination ininterrompue de la politique tanzanienne depuis l’indépendance du pays, en décembre 1961.

La Communauté International a largement féliciter la tenu des élections qui se sont déroulé dans le calme et presque sans contestations lors de l’annonce des résultats.

Les élections parlementaires se sont déroulés tout aussi bien. Pour la première fois, une femme a été élu présidente du Parlement, Anne Makinda, qui était vice-présidente lors de la dernière session parlementaire.

Il y a peu de temps, Salum Khalfani Bar’wani, un candidat albinos, a été pour la première fois élu député en Tanzanie. Dans ce pays, les personnes souffrant

de cette maladie de la peau sont victimes de discrimination, parfois pourchassées et tuées.

La composition du gouvernement tanzanien est véritablement un modèle sur le continent, représentant la tolérance et la démocratie.

Togo

Faure Gnassingbé, fils du général Éyadéma Gnassingbé, a été confirmé comme président du Togo par la Cour constitutionnelle le 03 mai 2010. Elle a rejeté un recours de son principale opposant, Jean-Pierre Fabre, demandant l’invalidation de l’élection pour cause de fraudes.

La victoire du partie du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) de Gnassingbé a été remporté avec plus de 60% des voix pour un nouveau mandat de cinq ans. Face à lui : Jean-Pierre Fabre (Union des forces de changement), qui obtient 33,9 % des voix, et l’ancien Premier ministre Yawovi Agboyibo (Comité d’action pour le renouveau), crédité de 2,9 %.

Le scrutin du 4 mars dernier au Togo été qualifié de grand enjeu. Il a connu l’entrée en lice de six concurrents face à Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, suite à la mort de son père. Le vote s’est déroulé sans violence et dans un calme relatif, contrairement à la précédente élection de 2005, controversée et émaillée de violences et ayant fait au moins 500 morts et des milliers de blessés.

Faure Gnassingbé a déclaré vouloir former un gouvernement « de cohésion nationale » avec l’UFC (Union des Forces du Changement), qui a immédiatement refusé.

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